Gris
Paris
Urban Greys
Tous vêtus de gris
pour l’hiver, les hommes Mabille s’habillent ou se
déshabillent pour se confondre avec l’émotion
de la ville qu’ils habitent.
Leurs humeurs urbaines capturent l’essence des gris citadins,
du brutal gris béton au nuancé du ciment et du métal
vieilli, du chiné des pierres à la froideur de l’acier.
Les gris se noircissent en ombres, mystères de nuit sur
goudrons brillants et asphaltes luisants. Le soir éteint
tout dans la ville et des éclairs de lumière blanche
flashent, ainsi que quelques diamants.
L’omniprésent ciel parisien dicte sa loi imprévisible
sur ce monde humain et minéral. Il s’élève
et joue poétiquement avec des nuages pastels, gris doux,
bleus tendres, et des nuées blanches. Menaçant,
il gronde et s’alourdit tragiquement en gris foncé
d’orage, bientôt tonnerre et pluie. Somptueusement,
la nuit, il devient un fantôme profond qui vous enveloppe.
Ce citadin a envie d’une silhouette plus décontractée
et des matières bien souples.
Cabans, bermudas, trench coat, blousons, t-shirt, cardigans, jeans…
sont traités avec des volumes plus libres mais implacablement
maîtrisés, néanmoins tout est ludique. Alexis
Mabille aime souligner l’architecture des coupes par des
passepoils et bordures. Confortable mais sexy !
Le besoin de douceur et de chaleur est assouvi par le choix des
matières en tension entre le luxueux et l’ordinaire,
et une manière nouvelle d’associer les vêtements
qui pourtant demeurent très raffinés. Ainsi domine
l’épais jersey de laine gris orage pour des blousons,
des pantalons, et même des costumes ; le jersey de coton
pour les T-shirts à messages imprimés bavés,
ou en gris chiné pour les chemises à col Oxford,
les casquettes chasseur, et les caleçons longs qui se portent,
apparents, sous les bermudas baggy qui s’adaptent à
l’hiver à la ville ; et dans tous les gris, les flanelles
laineuses et les cashmeres couvertures, les mélanges laine
et soie, le Merinos.
Les boutons sont souvent remplacés par des maxi-pressions
en métal émaillé, et les ceintures par des
rails en bandes de métal vieilli fermés de plaques
ouvragées. Summum du cosy, la fourrure, pour duffle-coat,
doudoune sans manches zippée et blouson, mais choisie évidemment
grise, en astrakan naturel ou renard argenté.
Cette saison, dans ce nouveau désir de confort sophistiqué,
même les sous-vêtements retiennent l’attention
du designer. Une collection de caleçons et slips de fin
coton blanc façonné, voile rayé et plissé,
résille, jersey noir ou blanc, auxquels s’ajoutent
des détails de galons, de velours élastique, de
broderies, ou d’éléments empruntés
à la chemiserie.
Le soir, ce citadin arpente l’asphalte en grand manteau
et smoking à coupes resserrées, cols châle
relevés, mais réalisés dans une soie matelassée,
en organza ou en boutis de laine. La lumière du macadam
est présente dans l’aspect luisant des noirs tissés
de lurex et de paillettes. Cet homme se permet même des
débardeurs en velours dévoré, des jeans cirés,
des chaînes de passementerie, quelques barrettes ou une
ceinture diamantées, et des associations plus décalées.
Emblématique de la marque, les détails de nœuds
papillons survolent la collection.
Ultime quête de douceur et de confort, toutes les silhouettes
s’emmitouflent dans de grandes écharpes et foulards,
en soie ou cashmere, nuancés en couleurs de ciel ou d’orage,
et du ciel de Paris.
|
 |